vendredi 2 juillet 2010

Voyage à couper le souffle à Marcahuasi - Le retour du petit âne gris

Depuis quelques temps, je voulais faire une rando, pour prendre le temps de profiter de la nature, et me retrouver seul après 4 mois à vivre tous les jours avec les étudiants péruviens et étrangers.

En suivant les conseils d'une amie ayant fait la rando, et grâce à des recherches sur Internet, j'avais décidé d'aller à Marcahuasi.

La meseta de Marcahuasi (le plateau de la maison de la montagne) est un site archéologique de 4 km² à 4000 m d'altitude, accessible depuis le village de San Pedro de Casta.
On y trouve des roches sculptées par le vent, et, dit-on, par une civilisation vivant au premier siècle avant Jésus-Christ.
C'est aussi un lieu prisé des observateurs d'oiseaux et d'ovnis...

Vue de Marcahuasi (les roches tout en haut) depuis le bas de la vallée

(Beaucoup de photos, vous pouvez cliquer dessus pour les agrandir)

J'ai repris mon petit carnet acheté à Parly 2 (Parly 2, ça me semble tellement loin...) la veille de mon départ pour garder une trace de ma rando à Marcahuasi, et aujourd'hui, après une bonne nuit de sommeil, je recopie mes notes :

Chosica, Chimérique du Sud, le 29/06/2010

Je suis parti à 20h de la casa, bien chargé, en direction du Metropolitano, le nouveau service de bus de Lima sur la Voie Express, gratuit pour les premiers mois d'utilisation. Tout beau, tout neuf, tout propre, et bien organisé, même s'il manque un plan de la ligne par exemple...
De la station Aramburu, toute proche de la Casa, je vais au terminus, où les passants me guident très gentiment jusqu'au Paseo Colon, d'où partent les combis pour Chosica.
Après 1h30 de route, je me retrouve au croisement de Chosica et Santa Eulalia, que je connais bien maintenant, et je prends un colectivo (taxi partagé à plusieurs) pour trouver un camping.
Une fois le colectivo plein (4 personnes plus le chauffeur), nous partons, et je m'arrête devant un restaurant-camping en plein air.
Le propriétaire me laisse m'installer gratuitement où je veux !
Le lieu est très sympa, le long du fleuve Santa Eulalia, j'ai hâte de le voir de jour.
Il ne fait pas chaud, je me coiffe de mon bonnet péruvien, et j'utilise pour la première fois mon thermos. Sous un merveilleux ciel étoilé, je prends ces quelques notes, et au dodo.


Mercredi 30 juin 2010, 7h30

Il a fait très froid cette nuit, j'ai bien fait de prendre une couverture.
Je me suis réveillé à 6h30, sous le soleil et la rosée, grâce au chant des oiseaux et au cocorico d'Yves.

(Photo d'Yves)

Je découvre le restaurant, un terrain fleuri entouré de montagnes, qui ne pouvait être qu'accueillant puisque j'y retrouve le jeu de la grenouille.

Pour remercier le propriétaire de son hospitalité, je nettoie son resto (serviettes, cannettes, capsules jonchent le sol...), c'est bien plus joli après !


Je prends un thé de feuilles de coca, pour prévenir les effets du mal de l'altitude, 2 tartines de confiture de figues, et je pars à la recherche d'un bus pour me rendre au parc Echenique, pour prendre un dernier bus jusqu'à San Pedro de Casta, le village de départ de la rando pour Marcahuasi.

8h40

Toilette dans la rivière, short, crème solaire (ça tape) et bob, me voila parti pour le parc Echenique.
Là-bas, avec mon sac et mes chaussures de marche, ma destination se devine au premier regard, je me fais donc accoster dès mon arrivée par le chauffeur d'un bus qui part pour San Pedro.
Je pense faire un petit somme pendant les 3h de route.

10h45

Impossible de fermer les yeux, la route et vertigineuse, et les paysages sont magnifiques.
Perchés sur une corniche, nous suivons une piste de terre et de sable le long des montagnes, pour traverser plusieurs vallées.


Difficile pour 2 bus de se croiser, heureusement la piste est très peu fréquentée.
Des chemins de terre zèbrent les pans des montagnes tout autour.
Parfois, un petit bras de rivière traverse la route !




Le paysage me fait penser au début du dormeur du val : "C'est un trou de verdure où chante une rivière. Accrochant follement aux herbes des haillons. D'argent; où le soleil de la montagne fière, Luit; C'est un petit val qui mousse de rayons."

Après 15 minutes de pause pour que le moteur refroidisse, à grand renfort de bidons d'eau, nous repartons.

San Pedro de Casta, 13h


Je m'apprête à commencer la marche. La route jusqu'à San Pedro, à 3000 m d'altitude, était impressionnante, entre cactus et canne à sucre, rivière et montagne.
Le village est en fête, le 29 juin est férié pour la fête de St Paul et St Pierre, et les célébrations (pétards et fanfare) se poursuivent 3 jours durant.


Je rencontre une famille péruvienne qui vit à Panama, et qui me guide jusqu'au mirador, où je contemple avec eux le panorama de la vallée.


Après un délicieux riz à la cubaine (riz, oeuf sur le plat renversé, banane) au restaurant de la place du village, je commence l'ascension de la 5e merveille du Pérou.


14h15


C'est l'heure de la pause, après 1h15 de marche. C'est très fatigant, car ça grimpe sec (plus de 1000 m de dénivelé au total), le coeur bat fort à cause de l'altitude, et le soleil aussi est là, qui tape, qui tape !
Je prends une variante pour suivre un ruisseau.


Le chemin est assez mal indiqué, pour éviter de rebrousser chemin, j'utilise mes jumelles pour voir un panneau au loin, je suis sur le bon chemin !
Je n'ai croisé qu'un vacher, qui m'a indiqué le chemin.

On m'avait dit qu'il y avait des flèches à suivre, il y a surtout du crottin d'âne pour ne pas se perdre...
Tout au long du chemin, je rencontre quelques animaux, oiseaux, chèvres, lézards, et cette vache qui vient de se faire faire une couleur.




La flore aussi est très variée, de nombreux types de cactus, des fleurs de toutes les couleurs, et ce lichen vert qui apparaît sur les roches au-dessus de 4000m, comme à Arequipa.




17h

J'arrive épuisé à l'amphithéâtre, la porte d'entrée du camino largo (il y a 2 chemins, un court, un long, pour se rendre à Marcahuasi).


Un voyage à couper le souffle, au sens propre !



Je laisse la parole au petit âne gris.


"Bonjour à tous !
On m'a tenu pour mort, certains ont même dit que c'était bien fait pour moi, mais pas du tout, je suis bien vivant, en exil à l'amphithéâtre de Marcahuasi.
Je suis souvent seul, et il ne fait pas très chaud par ici, alors dès que j'ai de la compagnie, j'en profite.
J'ai vu arriver un randonneur aujourd'hui, tout en sueur, et j'ai tout de suite senti qu'il avait des fruits à me donner.
Je l'ai donc collé pendant 10 minutes, il essayait de me parler en français et en espagnol pour que je parte, mais je ne l'ai pas lâché d'un sabot !
Il a craqué, en partageant une pomme avec moi, mais je n'étais pas rassasié !
Il faisait vraiment froid, alors quand il a allumé un feu pour son dîner, j'ai passé mes pattes dans les flammes pour me réchauffer.
Le randonneur a l'air de se plaindre de mon odeur, mais je n'y peux rien si personne ne vient me shampouiner, moi !
Avant de se coucher, il m'a donné sa peau de banane, c'est déjà ça.
Ca me fait oublier les quelques gouttes d'eau qui tombent
La nuit tombe vite, il y a un beau coucher de soleil, je vais laisser mon randonneur tranquille, je reviendrais le voir plus tard..."



1er juillet

Le petit âne gris est revenu pendant la nuit, il m'a réveillé 2 fois, la première pour manger mon sac, la seconde parce qu'il mastiquait l'herbe de l'amphithéâtre.
A côté de ça, les ronflements de Joseph, la nuit, c'est une berceuse !
J'avais lu sur Internet que de nombreux campeurs venaient à l'amphithéâtre, je pensais partager avec eux le dîner, mais à cause des fêtes patronales, tout le monde est resté au village.
La nuit de 9h à été très reposante. Le soleil joue à cache-cache avec les nuages, mais il réchauffe bien !
L'amphithéâtre a une superbe acoustique, il y a un bel écho. Je range mes affaires pleines d'herbe, et je pars poursuivre la visite du plateau.

12h30
Je viens de terminer la descente.
Le matin, j'ai quitté l'amphithéâtre pour me rendre sur le site de Marcahuasi à proprement parler.



Quasiment pas un nuage, et des montagnes à 360 degrés...


Le sol est parsemé de pissenlits sans tiges et de petits cactus, et partout autour de moi, des roches aux formes bizarres.




D'un côté, un petit lac d'eau de pluie, de l'autre, des ruines incas.



La roche symbolique du site, le Monument de l'Humanité, (un visage de profil) marque le départ du camino corto.



En contrebas de la roche de la tortue, j'aperçois un petit point bleu, et après confirmation des jumelles, j'arrive à distinguer une tente, je ne suis pas seul !
Je vais à la rencontre de ses occupants, une famille de Lima arrivée de nuit, et qui a eu très froid (le plateau est balayé par le vent le soir, alors que l'amphithéâtre est protégé).
Nous faisons la descente ensemble, et nous mangeons une truite au village.
Ils me ramènent à Lima dans leur voiture, le voyage est marqué par plusieurs arrêts pour asperger d'eau les plaquettes de frein, et par une chanson appropriée aux 5 heures de route I'm gonna be (500 miles) des Proclaimers, la chanson de Ted et Marshall.

De nouveau, les paysages sont magnifiques !


Bilan : très belle expérience, je conseille cette rando à tous ceux qui visitent le Pérou, mais pour avoir moins de difficultés avec l'altitude, mieux vaut se préparer avant, où faire le trajet sur un âne, avec un guide.

De retour à Lima, une bonne douche, et c'est parti pour les révisions !

1 commentaire:

  1. Merci Guillaume pour ce voyage vraiment merveilleux ! Cela me rappelle Tintin au Pérou : http://www.decitre.fr/gi/76/9782203052376FS.gif Quelques commentaires : Hein, des feuilles de coca, tu n’aurais pas un peu divagué Guillaume ? Sais-tu au moins ce que l’on extrait des feuilles de coca ? Imagine si un coureur du tour de France qui s’élance aujourd’hui de Rotterdam, avait gouté à tes feuilles de coca, il serait sur le champ (et pas sur les Champs) immédiatement convaincu de dopage… A noter que la vache sur le chemin de la « quinta maravilla del Perú », ressemble fort à la Salers, sa lointaine cousine d’Europe ! Excellente fin de séjour à toi et bon retour de ce coté-ci de l’atlantique…

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